if this then that


Caisse à outils, Discussions de bar / Wednesday, July 10th, 2019

Dans ma tête, chaque décision est décortiquée, analysée d’une dizaine de manières différentes, pour être certaine que je trouve le mieux pour moi, le plus en phase avec mes idées et ce que je veux être. Avant c’était aussi des réflexions qui se perdaient à savoir si ma décision, ma prise de parole allait plaire et convenir à tout le monde. Mais comme je l’évoquais dans l’article Hello world (1) depuis que j’ai réalisé qu’aucun bouquin n’avait 5 étoiles sur Amazon, j’ai fait le deuil de mon besoin de plaire à tout le monde, et j’essaie de ne plus passer autant de temps à réfléchir à si ça plaira. Si je suis en accord avec moi même et que je fais ça dans une bonne intention, ça devrait bien se passer. Et si ça se passe mal, j’apprendrai.

Pour palier à cette sursollicitation de mon cerveau, qui je pense résonne en nombre d’entre nous, j’ai mis en place une multitude de réponses d’automatismes, de manière à garder l’équilibre sans trop en faire. Ma thérapeute décrit parfois le mental comme étant un ordinateur, et avec mon côté un peu geek, j’ai l’impression d’y avoir codé quelques fonctions sympa.

def findPeace(self)

En programmation, un outil qui est très couramment utilisé, quelque soit le langage, est la fonction “if” (2), qui vise à définir une action, un traitement à appliquer en fonction de divers tests. Par exemple, dans le code suivant qui pourrait changer le message du réveil en fonction de l’heure qu’il est, on définit (dans un langage abstrait, I know(3)): une variable heure qui récupère l’heure actuelle, et qui sera ensuite utilisée pour définir quel est le message à afficher

hour = system.getTime
if hour < 6AM 
     print ("Retourne te coucher!")
 else if 6AM < hour < 7AM
     print ("Namaste, c'est l'heure du yoga!")
 else 
     print ("Bon, à la douche et on est partis?")
 end  

Ce petit paragraphe présente juste de manière très simple ce principe, parce que je réalise que je traite plus en plus d’informations de la sorte. Si il se passe ça, alors je fais ça. Mais avant tout, si je ressens ça, alors je fais ça pour me sentir mieux.

def releaseStress(self)

Je traverse une période assez dense au travail en terme de nouvelles tâches/responsabilités, je me dois d’être disponible, réactive, pro au possible et des fois, je perds un peu mes moyens, ou ma capacité à me dire “ça va le faire!”.

Pourquoi j’en parle? Parce que j’ai eu l’habitude de subir le truc en mode “han c’est trop dur, je m’en sortirai plus, pourquoi moi”, ce qui me faisait vriller et emprunter le fabuleux toboggan de la perte de confiance et de capacité d’action. Ambiance sortie à Aqualand avec moins de fun, à la fin je tombais dans une flaque de larmes et je me ramassais à la petite cuillère.

Maintenant je sors ma liste de ma trousse de secours (où je range mes stylos, c’est une trousse), et je pioche les ingrédients nécessaires pour me maintenir le cap.

Ça donne à peu près ça (allez, en frenglish dans le texte)

def releaseStress(self)
recette = Liste.new() # je crée une nouvelle liste où je stocke ce dont j'ai besoin

if (self.state include "Il y a trop de bruit dans l'open space, je boue") then 

    # si mon état/mes émotions montrent que je vrille du bruit, 
    # je rajoute l'ingrédient à la recette 

	#on choisit au hasard une playlist 
    playlistAuHasard = random("Bruit blanc - La compilation", 
		"Chopin - Les hits de l'été", "Muse - Blacks Holes and revelations", 
		"Nostalgie - Hits 80"]
    
	# On ajoute l'ingrédient avec la playlist choisie
    recette.add "Met ton casque, souffle et lance la playlist " + playlist au hasard 
    
end

if {...}
end

Je me sens partie pour tout écrire comme ça, n’allons pas si loin si ça vous va. En version récap :

  • “Trop de bruit” > Je met mon casque et lance une playlist qui bouge plus ou moins
  • “Trop de distractions visuelles, de monde qui passe, j’arrive pas à réfléchir” > Je bouge dans une bulle (salle de réunion à dispo pour se réunir entre collègues) un instant pour être seule
  • “Trop de trucs à faire, j’y arriverai pas” > Je me prépare un thé, je prend mon carnet, un stylo et je me pose dans une bulle avec ma musique pour tout lister, tout sortir et je fais un plan d’action, en commençant petit, et en déléguant au besoin. Si ça déborde trop, je planifie un point avec mon chef pour redéfinir les priorités.
  • “Trop de réunions, j’en peux plus” > Si c’est le matin, je m’enfuis à la cascade à midi pour respirer au bord de l’eau et me recentrer. Si c’est l’après-midi, je croise les doigts pour que mon sac de piscine soit dans la voiture, et je file nager
  • “Trop de pression, je craque” > Direction une bulle (on dirait que je squatte, en vrai j’y suis pas tant) avec mon casque pour une mini méditation de 1 à 5min, histoire de respirer un bon coup, et réaliser qu’en vrai, ça va. *Attention* en période de SPM, cette méthode peut se révéler insuffisante. Dans ce cas, je prend une feuille et je liste des trucs cools, des trucs qui vont bien où qui m’ont fait plaisir dernièrement. Sur la dernière que j’ai fait, il y avait entre autres”La danse du boule de Coloc #1 ce matin” et “Le morceau de brioche offert par Coloc #2”. Je garde mon credo bouffe et boule il faut croire, et ça a l’air d’être rien, mais ça m’avait fait du bien!
  • “Trop de soucis sur le projet, j’ai le sentiment d’être seule” > Message instantané à ma collègue pour demander un café de décompression. Des fois ça fait du bien de lâcher ce qui va pas!

Grâce à tout ça, je parviens à garder un bon équilibre, et à me chouchouter comme il faut, à m’écouter et à ne pas nier mon ressenti ou mes besoins. Je réalise aujourd’hui combien j’aurai été incapable de gérer une période de boulot pareille il y a quelques mois de manière saine, et même si c’est parfois un fin travail d’équilibriste, je trouve que c’est plus simple comme ça. J’ai changé, et évolué en quelque chose qui me ressemble et me tranquillise plus, grâce à beaucoup de thérapie, de remise en question, de lectures.

D’ailleurs je suis toujours à la recherche d’amélioration, est-ce que tu as toi des outils qui te permettent de retomber sur tes pattes quand il le faut?

Une mise à jour est disponible

Si j’ai bien expérimenté et évolué ces derniers mois, c’est aussi en apprenant à mettre à jour mes programmes. Parfois je me suis rendue compte que je répondais à des situations ou à des problèmes avec des réponses aussi vieilles qu’une conversation MSN. Et franchement, le wizz de nos jours, ça me sert plus à rien. J’ai désinstallé quelques vieux programmes, mis à jour les autres, et défragmenter la mémoire de mon cerveau.

D’ailleurs c’est un conseil très pertinent en cybersécurité : il est important de mettre à jour les programmes au fur et à mesure des sorties, ça permet de corriger des failles de sécurité. En informatique ça évite les virus et les intrusions, “in real life” ça évite les relations toxiques, les décisions avec lesquels on est plus en phase, les anciens mécanismes de sabotage. Très utile dans mon expérience.

Changer le programme par défaut

Au delà des mises à jour, il est toujours intéressant de regarder ce qui se fait ailleurs, de s’inspirer de personnes qu’on admire et apprécie pour se rapprocher d’une version de nous mieux dans ses baskets.

Récemment j’ai écouté le bouquin “Atomic Habits” de James Clear(4) et j’ai beaucoup apprécié son approche de l’habitude, du changement. Pour James, afin de réussir un changement d’habitude, il est important de se concentrer sur le changement d’identité lié, et non sur l’objectif. Derrière l’envie de courir un marathon, il y a le changement “être une personne qui coure”. Quand on pense qu’on veut mieux manger, on peut vouloir “devenir une personne qui fait attention à ses courses, et qui cuisine”.

Il explique aussi qu’on a le choix, chaque jour, de “voter” pour la personne qu’on veut être. Qu’on peut mettre une pièce chaque jour sur le changement d’identité voulu (en enfilant notre paire de basket, en cuisinant un bon plat), pour progresser dans la bonne direction. Que des équipes de cyclistes/basket se sont mises à gagner des tournois en améliorant petit à petit chaque brique liée à la performance ou à la vie des athlètes. Et à la fin, ils gagnent (c’est à l’américaine, je suis très réceptive à ces histoires).

En modifiant la manière de percevoir le changement d’habitude, James propose dans son livre une méthode pour implémenter ces changements, pour voir ce qu’on évalue négativement ou qui ne nous fait pas du bien dans nos vies et adopter de meilleures habitudes.

Crédit : James Clear

Pour ma part, en me basant notamment sur le principe de “habit stack”, ou pile d’habitude, j’ai réussi à mettre en place une nouvelle habitude de méditation après mon yoga du matin, en faisant en sorte que mon environnement y soit favorable, ça soit facile (mon coussin de méditation est à portée, je suis déjà sur le tapis), satisfaisant (je suis pépouze derrière, mieux pour attaquer la journée). À une époque je le notais aussi dans un carnet pour suivre, et me faire des high fives au cours du temps, j’ai arrêté, mais je voudrais recommencer.

Je pourrais encore écrire une tonne de choses sur le sujet. Je préfère m’arrêter là pour ce soir, il est 23h23 et si j’ai bien un soucis, c’est de respecter une heure de sommeil correcte.

Je serai ravie d’avoir ton retour sur tout ça, de savoir si ça te parle, si tu as toi aussi une caisse à outils ou des automatismes qui te permettent de naviguer en eau calme, avec un esprit clair et ouvert. Je n’ai même pas parlé de mon équilibre dans la vie perso, et pourtant là aussi j’ai une tonne de choses à dire.

Stay tuned pour mes conseils d’organisation pour le lâcher prise et la spontanéité. Non, ce ne sont pas mes points forts je crois. Pour l’instant ? Qui sait ?

Namasté!

(1) Hello World
(2) Pour lire une explication sur le “if” dans le langage Go
(3) Quelques ressources pour apprendre à programmer des vrais langages. Moi je code en ruby, mais je me met aussi au Python (via les ressources de CodeAcademy) et j’ai commencé un cours en ligne de développement sur Udemy. La prof est géniale, les exemples top, je recommande à fond (en exercice on créé à un moment un site qui s’appele Tindog, le Tinder des chiens, trop mignon <3). Il y a régulièrement des promos, j’avais eu le cours entier pour moins de 10euros
(4) Pour tout savoir sur James Clear, ses bouquins et ses ressources. Si je ne pouvais recommander qu’un article : celui sur les “Identity Based Habits

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